Buste de Juliette Récamier en terre cuite , Chinard à Lyon vers 1804.

Buste de Juliette Récamier en terre cuite , Chinard à Lyon vers 1804.

Sculptures

Epoque : XIXe siècle

Style : Empire

Dimensions :
Largeur : 39 cm
Hauteur : 66 cm

Etat : Superbe état


Description :

Buste en terre cuite patinée représentant probablement Juliette Recamier.
Piédouche d’origine en marbre jaune de Sienne.
Signé à l’arrière « Chinard à Lyon l’an XI »(1802-1803)

Bon état , infîmes éclats et petits manques au peigne.

Hauteur buste : 54 cm ; Hauteur totale : 66 cm ; Largeur : 39 cm

Si la plupart des bustes connus sont au modèle de celui conservé au musée de Lyon, notre buste est lui d’un modèle différent dont nous ne connaissons à ce jour que quatre exemplaires.

Le premier est conservé au musée Cognac-Jay (Inv J 202) à Paris et provient de la collection du Comte Penha-Longa.

Le second est passé en vente chez Artcurial à Paris le 10 Avril 2013 lot 58.

Le troisième est passé en vente à Versailles Enchères le 24 Novembre 2013 lot 196.

Fait notable les quatre bustes sont tous différents, dans l’inclinaison de la tête, les mèches de cheveux, la bordure à palmettes sur le châle ainsi que la présence d’étoiles ou non sur ce dernier, et les dates s’échelonnent de l’an 10 à l’an 11 du calendrier républicain soit entre 1801 et 1803.
Il s’agit probablement d’essais visant à produire le buste idéal.
Des quatre connus le plus proche de notre modèle est celui provenant de la vente Artcurial , mis à part l’absence d’étoiles il est presque similaire au notre, les perles du peigne rapportés avant la cuisson sont d’ailleurs elles aussi manquantes, démontrant les mêmes fragilités.

Nous nous permettons de reproduire un extrait du descriptif de la vente Artcurial car il nous oblige à la plus grande prudence sur le fonctionnement de l’atelier de Chinard :

Un extrait d'une lettre adressée à Chinard par un certain Monsieur Banoffe datée du 6 pluviose nous éclaire sur les relations commerciales qui existaient entre le Maître Lyonnais et Juliette Récamier. Son contenu ne fait que confirmer la complexité et les interrogations liées aux épreuves et tirages des œuvres de Chinard : 
" Mon cher professeur, 
Je suis bien aise qu'il se présente à moi l'occasion pour me rappeler à votre souvenir. Madame Récamier ayant depuis deux jours promis son petit buste à quelques personnes, elle m'a chargée de les faire exécuter : j'ai été en conséquence dans le petit cabinet dont le domestique de monsieur Récamier a la clé. J'ai bien trouvé le moule du grand buste et des médaillons, mais le moule du petit buste n'y est pas. Il ne se trouve nulle part; on m'a dit que, comme le moule vous appartenait, vous l'avez emballé pour Lyon.

Il nous parait évident que la commanditaire Juliette Recamier disposait des moules sculptés par le grand maitre , et qu’en l’absence de ce dernier, l’atelier pouvait éditer tel ou tel bustes ou médaillons.
Comme pour les ateliers des grands peintres à la même période , il ne faut pas oublier qu’il s’agissait avant tout d’une véritable entreprise.
Les archives de Mme Récamier nous montre qu’elle a offert de son vivant de nombreuses sculptures à ses admirateurs, parents ou amis, tel Brillat Savarin qui était le tout à la fois.

Joseph Chinard (1756-1813) : 
Né à Lyon, Joseph Chinard intégre les cours de l'Ecole de dessin de Donat Nonotte avant de rejoindre l'atelier du sculpteur Barthélemy Blaise(1738-1819).

De 1784 à 1789, Joseph Chinard part à Rome apprendre son métier et former son goût artistique en copiant de nombreuses statues antiques. En 1786, avec "Persée délivrant Andromède" il remporte le premier prix de sculpture du concours Balestra de l'Académie da San Luca. Pendant la Révolution, il se montre favorable aux idées nouvelles et effectue deux séjours de 6 et 2 mois en prison, le premier pour avoir déplu aux Jacobins, le second au pape.

Joseph Chinard expose pour la première fois au Salon de Paris en 1798 où il présente "Enfant échappant au naufrage en se faisant une nacelle avec les armes de l’amour". Après un troisième et dernier voyage à Rome, il retourne en 1800 à Lyon où il s'installe définitivement. Jouissant d'une bonne réputation, il est nommé correspondant de l'Institut, avant de devenir en 1807, par décret impérial, professeur de sculpture à l'École spéciale de dessin de Lyon. 

Joseph Chinard reçoit en 1808 la Grande Médaille d'or du Salon de Paris. Sculpteur français néoclassique, il est reconnu comme l'un des plus grands sculpteurs de son époque pour la fidélité de son exécution, le rendu de la chair dans ses bustes, et l'imagination de ses compositions. Il meurt tragiquement à 57 ans probablement d'une rupture d'anévrisme. 


Juliette Recamier (1777-1849) :


Fille d'un notaire royal puis receveur des finances à Paris, née à Lyon en 1777, Juliette Bernard prit le nom sous lequel elle est devenue célèbre en épousant, pendant la Terreur, un homme bien plus âgé qu'elle, le banquier Jacques-Rose Récamier, avec qui elle entretint une affection platonique.
Juliette Récamier garda toujours des liens avec sa ville natale, où, exilée par Napoléon, elle revint vivre quelque temps sous l'Empire, et à laquelle elle légua à sa mort, en 1849, des œuvres emblématiques de sa collection. Lyon a toujours cultivé le souvenir de cette femme admirée par ses contemporains comme un modèle de beauté et d'esprit. Édouard Herriot, historien et ancien maire de la ville, lui consacra en 1904 une biographie qui fait toujours référence, et le Musée historique de Lyon organisa une première exposition, elle aussi à caractère biographique, en 1977.
De la vie de Madame Récamier, l'histoire a jusqu'ici surtout retenu le souvenir de son brillant salon de la rue du Mont-Blanc à Paris, de ses liens avec les milieux royalistes et de son opposition sans trêve à Napoléon, de son amitié avec Madame de Staël et Chateaubriand, enfin de sa retraite, sous la Restauration, après des revers de fortune, au couvent de l'Abbaye-aux-Bois, situé rue de Sèvres, à Paris. Ses relations avec les milieux artistiques, ses choix et son influence personnelle dans ce domaine ont été moins souvent mis en avant. Modèle, commanditaire, collectionneuse, initiatrice d'un nouveau goût, tels sont les aspects de sa personnalité que le musée des Beaux-Arts de Lyon s'est attaché à explorer à travers près de deux cents œuvres confrontées aux données biographiques et à d'autres productions contemporaines dans la remarquable exposition Juliette Récamier, muse et mécène (27 mars-29 juin 2009), accompagnée d'un catalogue exemplaire par la qualité de ses contributions.

Bibliographie :

« Juliette Recamier, l’art de la séduction » Catherine Decours aux éditions Perrin, mars 2013.

Juliette Récamier, muse et mécène, catalogue d’exposition, commissaire S.PACCOUD, Musée des Beaux-Arts de Lyon, Paris, 2009

 M. ROCHER-JAUNEAU, « Joseph Chinard et les bustes de Madame Récamier », in Bulletin des Musées et Monuments lyonnais, juillet 1966, pp. 25 – 37

 Catalogue des sculptures par Joseph Chinard de Lyon formant la collection de Penha-Longa, Paris : Galerie Georges Petit, vente du 2 décembre 1911.

 

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